{"id":4268,"date":"2020-05-20T07:26:26","date_gmt":"2020-05-20T06:26:26","guid":{"rendered":"http:\/\/jacnux-server\/?page_id=4268"},"modified":"2020-05-20T13:27:05","modified_gmt":"2020-05-20T12:27:05","slug":"13-bureau-la-nuit-de-edward-hopper","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.rers-staubindemedoc.fr\/?page_id=4268","title":{"rendered":"Bureau, la Nuit de Edward HOPPER"},"content":{"rendered":"<div><b>Edward Hopper<\/b> est un peintre am\u00e9ricain. Il est n\u00e9 le 22 juillet 1882 \u00e0 Nyack, un village situ\u00e9 dans l&rsquo;\u00c9tat de New York. En 1900, il s&rsquo;inscrit \u00e0 la prestigieuse New York School of Art. Afin de se perfectionner, Edward Hopper effectue plusieurs s\u00e9jours en Europe. Il se rend dans plusieurs grandes villes, telles que Paris, Berlin, Londres, Amsterdam, Bruxelles&#8230; Ses voyages sont l&rsquo;occasion de se confronter aux \u0153uvres des grands ma\u00eetres. \u00c9pris de la capitale fran\u00e7aise, Edward Hopper partage ses exp\u00e9riences parisiennes dans ses \u0153uvres de jeunesse.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>En 1908, il installe son atelier \u00e0 New York. Il gagne sa vie en travaillant comme illustrateur et dessinateur publicitaire. L&rsquo;ann\u00e9e 1924 est une ann\u00e9e charni\u00e8re : Edward Hopper prend la d\u00e9cision de rompre avec sa nostalgie fran\u00e7aise. \u00c0 partir de ce moment, il devient le chroniqueur de la vie de ses contemporains am\u00e9ricains.&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Si, Edward Hopper s&rsquo;est essay\u00e9 \u00e0 peindre des paysages, il se concentre d\u00e9sormais sur des sc\u00e8nes d&rsquo;int\u00e9rieur qui \u00e9voquent le silence et la solitude, comme \u00ab\u00a0Nighthawks\u00a0\u00bb (1942). Ses huiles sur toiles sont le reflet d&rsquo;un pays en pleine mutation \u00e9conomique et sociale. \u00ab\u00a0The House by the Railroad\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0La Maison au bord de la voie ferr\u00e9e\u00a0\u00bb) est une oeuvre ma\u00eetresse. En 1930, elle entre dans les collections du Museum of Modern Art de New York. La m\u00eame ann\u00e9e, \u00ab\u00a0Early Sunday Morning\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0T\u00f4t un dimanche matin\u00a0\u00bb) entre dans les collections du Whitney Museum of American Art. En 1933, le Museum of Modern Art de New York organise la premi\u00e8re r\u00e9trospective de l&rsquo;artiste.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>En 1945, Edward Hopper est \u00e9lu membre du National Institute of Arts and Letters. En 1954, il est invit\u00e9 \u00e0 la Biennale de Venise. Edward Hopper est nomm\u00e9 \u00ab\u00a0Doctor of Fine Arts\u00a0\u00bb de l&rsquo;Art Institute of Chicago, en 1955. Au cours de sa carri\u00e8re, il recevra de nombreux titres honorifiques.&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Le 15 mai 1967, Hopper d\u00e9c\u00e8de dans son atelier \u00e0 New York.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div><b>Bureau, la Nuit<\/b><\/div>\n<div><b>&nbsp;<\/b><\/div>\n<div>&nbsp;<a href=\"http:\/\/rers-staubindemedoc.fr\/?attachment_id=4270\" rel=\"attachment wp-att-4270\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-4270 size-full\" src=\"http:\/\/rers-staubindemedoc.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/hooper.png\" width=\"482\" height=\"413\" srcset=\"https:\/\/www.rers-staubindemedoc.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/hooper.png 482w, https:\/\/www.rers-staubindemedoc.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/hooper-300x257.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 482px) 100vw, 482px\" \/><\/a><\/div>\n<div><b>&nbsp;<\/b><\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Huile sur toile 56,4 x 63,8 cm &#8211; 1940 &#8211;&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Edward Hopper a \u00e9t\u00e9 victime de son succ\u00e8s et son nom \u00e9voque d\u2019embl\u00e9e des posters d\u00e9corant des chambres d\u2019\u00e9tudiant ou des jaquettes de livres. Cela est injuste et s\u2019explique en partie par le fait que ses oeuvres ne <span class=\"il\">nous<\/span> sont g\u00e9n\u00e9ralement connues que par des reproductions. En effet, conserv\u00e9s essentiellement dans des collections d\u2019outre-atlantique (en Europe seul le Museo Thyssen-Bornemisza en poss\u00e8de une oeuvre importante), <span class=\"il\">nous<\/span> n\u2019avons eu qu\u2019assez rarement l\u2019occasion d\u2019appr\u00e9hender dans leur r\u00e9alit\u00e9 mat\u00e9rielle les tableaux de cet artiste \u00e0 la fois populaire te sous-estim\u00e9, voire m\u00e9pris\u00e9.&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Oeuvres qui ne cessent de fasciner pour des raisons souvent contradictoires faisant aussi de lui l\u2019encombrant p\u00e8re putatif du minimalisme, mais dans un sens litt\u00e9raire plut\u00f4t que pictural.&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>C\u2019est le paradoxe d\u2019Edward Hopper que de s\u00e9duire alors qu\u2019il a con\u00e7u une oeuvre \u00e0 l\u2019\u00e9cart de tout d\u00e9sir de s\u00e9duction. chez lui, l\u2019intimit\u00e9 se m\u00e9tamorphose en intemporalit\u00e9 sous la forme d\u2019un compte rendu d\u00e9sarmant de la r\u00e9alit\u00e9, \u00e0 la fois abstraite et enracin\u00e9e dans la plus banale quotidiennet\u00e9, qui, ainsi qu\u2019il le d\u00e9clara, constitue \u00ab&nbsp;la transcription la plus exacte possible de (ses) impressions les plus intimes de la nature&nbsp;\u00bb.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Que voyons-<span class=\"il\">nous<\/span> ici ?&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Une pi\u00e8ce sans luxe qui ressemble \u00e0 une grande boite, dont la porte n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 referm\u00e9e, un homme d\u2019\u00e2ge moyen assis \u00e0 son bureau, lisant un document, et une femme aux cheveux ramen\u00e9s en chignon, devant un meuble classeur, dont un tiroir est \u00e0 moiti\u00e9 ouvert, qui tourne la t\u00eate vers l\u2019homme mais regarde en fait vers le sol, o\u00f9 une feuille est tomb\u00e9e. Dans l\u2019angle gauche, un autre bureau, sur lequel est une machine \u00e0 \u00e9crire : la femme est probablement la secr\u00e9taire de cet homme au strict complet gris.&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Dans ce cas, pourquoi n\u2019a-t-elle pas referm\u00e9 la porte apr\u00e8s \u00eatre entr\u00e9e ?&nbsp;<\/div>\n<div>Mais c\u2019est peut-\u00eatre lui qui vient d\u2019arriver \u2026<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Ce spectacle banal <span class=\"il\">nous<\/span> est montr\u00e9 en une plong\u00e9e tr\u00e8s accentu\u00e9e, tel que vu depuis un m\u00e9tro a\u00e9rien, comme il y en a tant \u00e0 New York.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>La lumi\u00e8re arrive par la rue, sur laquelle ouvre la fen\u00eatre au store \u00e0 demi baiss\u00e9, et dessine une zone plus claire sur le mur de couleur cr\u00e8me. A la r\u00e9flexion, cet homme et cette femme sont habill\u00e9s comme s\u2019ils sortaient d\u2019un d\u00eener en ville ou d\u2019un spectacle ; surtout elle, dans sa robe fort moulante laissant voir le genou, et excessivement maquill\u00e9e, avec du fard bleu aux paupi\u00e8res et un rouge \u00e0 l\u00e8vre rouge sanglant.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Il ne se passe rien, et pourtant, sans qu\u2019on sache l\u2019expliquer, on ressent quelque chose de dramatique dans cette atmosph\u00e8re : ces deux personnages ont-ils p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 dans ce bureau de nuit afin d\u2019y d\u00e9rober un document ?<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>\n<p>Cela expliquerait la porte laiss\u00e9e ouverte pour leur permettre d\u2019entendre d\u2019\u00e9ventuels bruits de pas dans le couloir. La th\u00e8se n\u2019est pas absurde : la femme fouille dans les classeurs et l\u2019homme lit un \u00e0 un des documents qu\u2019il repose sur le c\u00f4t\u00e9 du bureau car ce ne sont pas ceux qui l\u2019int\u00e9ressent. un minuscule d\u00e9tail l\u00e9gitimerait cette interpr\u00e9tation : dans le coin inf\u00e9rieur gauche, sur le bureau parfaitement rang\u00e9 comme apr\u00e8s une journ\u00e9e de travail, il n\u2019y a pas de papier gliss\u00e9 dans la machine \u00e0 \u00e9crire, ce qui <span class=\"il\">nous<\/span> dit que la secr\u00e9taire, si c\u2019est bien une secr\u00e9taire, ne s\u2019appr\u00eate pas, \u00e0 cette heure tardive, \u00e0 prendre une lettre en dict\u00e9e. En effet, on a l\u2019impression que Hopper, contr\u00f4lant strictement la composition de son tableau, veut <span class=\"il\">nous<\/span> dire quelque chose en <span class=\"il\">nous<\/span> fournissant le moins d\u2019\u00e9l\u00e9ments d\u2019information possible.<\/p>\n<p>Est-ce pour laisser largement ouvert le champ des interpr\u00e9tations ?&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>En tout cas, <span class=\"il\">nous<\/span> n\u2019avons aucun doute : cette sc\u00e8ne est plausible, et pourtant <span class=\"il\">nous<\/span> ne savons pas ce qu\u2019elle repr\u00e9sente au-del\u00e0 des apparences. Un peu comme dans un film noir am\u00e9ricain des ann\u00e9es 1930, o\u00f9 les personnages, r\u00e9duits \u00e0 des silhouettes, semblent flotter dans des d\u00e9cors plut\u00f4t glauques. Rapprochement d\u2019autant plus pertinent que la sc\u00e8ne <span class=\"il\">nous<\/span> est pr\u00e9sent\u00e9e avec trois sources de lumi\u00e8re, comme au th\u00e9\u00e2tre ou au cin\u00e9ma : \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 ce tableau fut peint, c\u2019est souvent dans d\u2019anciens th\u00e9\u00e2tres que les films \u00e9taient projet\u00e9s, avec des attractions sur sc\u00e8ne pendant l\u2019entracte.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Mais, quant \u00e0 en d\u00e9couvrir le sens, c\u2019est une autre affaire ! Mis\u00e8re de la vie de bureau ? Ambigu\u00eft\u00e9 des relations entre un patron et son employ\u00e9e sur fond d\u2019ali\u00e9nation sexuelle ? Monde sourd \u00e0 la catastrophe qui vient de s\u2019abattre de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Atlantique ? D\u00e9solation de la vie quotidienne, o\u00f9 chacun joue un r\u00f4le de pure fiction dans ce qu\u2019Arthur Miller appelait le \u00ab&nbsp;cauchemar climatis\u00e9&nbsp;\u00bb am\u00e9ricain ?&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>S\u2019il y a fort \u00e0 parier que <span class=\"il\">nous<\/span> ne trouverons pas la clef de l\u2019\u00e9nigme dans ce bureau, <span class=\"il\">nous<\/span> pourrons <span class=\"il\">nous<\/span> consoler en lisant dans un carnet cette annotation de Hopper \u00e0 propos de ce tableau : \u00ab&nbsp;j\u2019esp\u00e8re que cela n\u2019\u00e9voquera aucun fait pr\u00e9cis, car il n\u2019y en a pas.&nbsp;\u00bb<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Cette m\u00e9canique \u00e0 la pr\u00e9cision d\u2019horloge ne produirait donc aucun sens ?&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Oui, c\u2019est peut-\u00eatre cela son message, pour autant qu\u2019il importe de le d\u00e9busquer. Comme au cin\u00e9ma, lorsque des images naissent de r\u00e9alit\u00e9s successives, qui disparaissent lorsque des images naissent de r\u00e9alit\u00e9s successives, qui disparaissent lorsque se rallument les lumi\u00e8res de la salle et que l\u2019on revient \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9.<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Edward Hopper est un peintre am\u00e9ricain. Il est n\u00e9 le 22 juillet 1882 \u00e0 Nyack, un village situ\u00e9 dans l&rsquo;\u00c9tat de New York. En 1900, il s&rsquo;inscrit \u00e0 la prestigieuse New York School of Art. Afin de se perfectionner, Edward Hopper effectue plusieurs s\u00e9jours en Europe. 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