{"id":4284,"date":"2020-05-20T07:35:42","date_gmt":"2020-05-20T06:35:42","guid":{"rendered":"http:\/\/jacnux-server\/?page_id=4284"},"modified":"2020-05-20T14:44:42","modified_gmt":"2020-05-20T13:44:42","slug":"nature-morte-de-giorgio-morandi","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.rers-staubindemedoc.fr\/?page_id=4284","title":{"rendered":"Nature Morte de Giorgio MORANDI"},"content":{"rendered":"<div><b>Giorgio Morandi <\/b>(1890-1964), n\u00e9 \u00e0 Bologne, est l&rsquo;ain\u00e9 de cinq enfants.&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Il passe son enfance dans l&rsquo;ancien Palais Bosisio de Bologne, d\u00e9truit plus tard lors de la seconde Guerre Mondiale. Il a peine seize ans lorsqu&rsquo;il entame&nbsp; une carri\u00e8re commerciale aupr\u00e8s de son p\u00e8re, mais il s&rsquo;inscrit tr\u00e8s vite l\u2019Ecole des Beaux-Arts, car il manifeste d\u00e9j\u00e0 un v\u00e9ritable int\u00e9r\u00eat pour la peinture.<\/div>\n<div>Apr\u00e8s la mort du p\u00e8re en 1909, sa famille s&rsquo;installe au 36, Via Fondazza dans le complexe du couvent de Santa Cristina, pr\u00e8s de la Maison Carducci. C&rsquo;est ici que Giorgio Morandi, alors \u00e2g\u00e9 de vingt ans, passera toute sa vie.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>D\u00e8s 1913, ayant obtenu son dipl\u00f4me de l&rsquo;Ecole des Beaux Arts, ses centres d&rsquo;int\u00e9rets, tels que les peintures de paysage, changent, au travers les contacts qu&rsquo;il noue \u00e0 partir de janvier 1914 avec les artistes \u00a0\u00bb Futuristes \u00ab\u00a0, tels que Osvaldo Licini, Mario Bacchelli, Giacomo Vespignani et Severo Pozzati. Il se joint alors eux lors de plusieurs expositions ce qui l&rsquo;am\u00e8ne au printemps 1914, exposer la Premi\u00e8re Exposition Libre Futuriste, organis\u00e9e&nbsp; par la Galerie Sprovieri de Rome.<\/div>\n<div>Peu de temps apr\u00e8s, il est engag\u00e9 par la ville de Bologne comme enseignant \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole \u00e9l\u00e9mentaire en arts plastiques. Il exercera ce m\u00e9tier jusqu&rsquo;en 1929.&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>En 1915, il est appel\u00e9&nbsp; sous les drapeaux, en raison de la guerre, mais apr\u00e8s un mois et demi il tombe gravement malade et est r\u00e9form\u00e9.&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Cette p\u00e9riode jusqu&rsquo;en 1918 le conduit \u00e0 une r\u00e9flexion sur son art et il est en m\u00eame temps tr\u00e8s impressionn\u00e9 par les oeuvres de Carlo Carr et de Giorgio de Chirico, qui apportent une nouvelle dimension \u00e0 la peinture, celle d&rsquo;une r\u00e9flexion la fois po\u00e9tique et m\u00e9taphysique.&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Il produit \u00e0 la suite de cette rencontre un ensemble de natures mortes fortement marqu\u00e9es par cette d\u00e9marche introspective, \u00e0 la fois po\u00e9tique et conceptuelle.<\/div>\n<div>A partir de 1920, Morandi semble vouloir se refermer sur lui-m\u00eame, ses participations&nbsp; aux expositions diminuent sensiblement, tandis qu&rsquo;en 1930, la chaire des Techniques de Gravure de l&rsquo;Acad\u00e9mie des Beaux-arts de Bologne lui est confi\u00e9e . Morandi y enseignera pendant 26 ans.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>En 1939, la Quadriennale de Rome Morandi re\u00e7oit un second prix de peinture. La Seconde Guerre Mondiale \u00e9clate.&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>En 1940 l&rsquo;Italie entra en guerre et Morandi est contraint de se retirer avec sa famille dans le village de Grizzana.&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>La guerre finie, il re\u00e7oit le premier prix la Biennale de Venise en 1948, le premier prix pour la gravure en 1953 et pour la peinture en 1957 la Biennale de So Paulo au Br\u00e9sil.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>D&rsquo;importantes expositions lui sont ensuite \u00e9galement consacr\u00e9es.&nbsp;<\/div>\n<div>Cette cons\u00e9cration lui vaut aussi des t\u00e9moignages d&rsquo;admiration du cin\u00e9ma italien d&rsquo;apr\u00e8s guerre, avec des metteurs en sc\u00e8nes comme Zavattini, De Sica, Visconti qui souhaitait le voir travailler avec lui pour son film \u00ab\u00a0Locandiera\u00a0\u00bb en 1952, comme Fellini qui expose ses tableaux dans le film \u00ab\u00a0La Dolce Vita\u00a0\u00bb en&nbsp; 1960, ou Antonioni dans \u00ab\u00a0La Nuit\u00a0\u00bb en 1961.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Il est influenc\u00e9 par C\u00e9zanne auquel il emprunte la densit\u00e9 des couleurs et des formes, mais il s&rsquo;engage aussi dans une approche personnelle tr\u00e8s forte, marqu\u00e9e par une sensibilit\u00e9 formelle subtile et raffin\u00e9e, tant au travers ses paysages que dans ses natures mortes tr\u00e8s travaill\u00e9es&nbsp; par les innombrables nuances de ses couleurs et par leur dessin, conduisant le spectateur \u00e0 une contemplation introspective, dans la suite des oeuvres des artistes de la Renaissance italienne.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Giorgio Morandi est malade depuis plus d&rsquo;un an, lorsqu&rsquo;il d\u00e9c\u00e8de le 18 juin 1964, dans sa ville de Bologne qu\u2019il n\u2019avait jamais abandonn\u00e9e, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 74 ans<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div><b>Nature Morte<\/b><\/div>\n<div><b>&nbsp;<\/b><\/div>\n<div><a href=\"http:\/\/rers-staubindemedoc.fr\/?attachment_id=4286\" rel=\"attachment wp-att-4286\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-4286 size-full\" src=\"http:\/\/rers-staubindemedoc.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/morandi.png\" width=\"527\" height=\"412\" srcset=\"https:\/\/www.rers-staubindemedoc.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/morandi.png 527w, https:\/\/www.rers-staubindemedoc.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/morandi-300x235.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 527px) 100vw, 527px\" \/><\/a><\/div>\n<div><b>&nbsp;<\/b><\/div>\n<div>Huile sur panneau 30,5 x 44, 5 cm &#8211; 1920 &#8211;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>\u00ab&nbsp;Exprimer ce qui se trouve dans la nature, c\u2019est \u00e0 dire dans le monde visible, est ce qui m\u2019int\u00e9resse avant tout&nbsp;\u00bb, d\u00e9clara Giorgio MORANDI, en 1957, dans un entretien.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Cette nature morte (l\u2019une des tr\u00e8s rares huiles sur bois de l\u2019artiste), qui se r\u00e9sume \u00e0 4 objets de la vie quotidienne, aux formes strictement g\u00e9om\u00e9triques et trait\u00e9s dans une gamme de couleurs allant du blanc class\u00e9 au brun le plus subtil, fait \u00e9cho \u00e0 cette d\u00e9claration en m\u00eame temps qu\u2019elle provoque chez le spectateur une fascination que l\u2019on pourrait qualifier d\u2019ordre m\u00e9taphysique si ce terme n\u2019ouvrait pas la voie \u00e0 des malentendus.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Trouble et \u00e9motion n\u00e9s de cette alternance de volumes et de vides dessin\u00e9e et rythm\u00e9e par ces objets, qui semble un discours sur la peinture, une d\u00e9monstration sereine et fondamentale : derri\u00e8re l\u2019apparente modestie du propos, une v\u00e9rit\u00e9 se cache.&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>D\u2019autant l\u2019essentiel de l\u2019oeuvre de Giorgio MORANDI se r\u00e9partit en natures mortes comparables \u00e0 celle-ci et paysages ; ce qui impose l\u2019id\u00e9e que cette concentration puritaine des sujets ne peut que servir un dessein, que cette auto limitation est au service d\u2019une volont\u00e9 de nuancer la le\u00e7on en d\u2019infimes d\u00e9placements de son sujet, de variations sur la gamme des couleurs, de l\u2019effleurement de la lumi\u00e8re, de la mobilit\u00e9 des formes, comme un bruissement dans le silence.&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>En effet, plus attentivement on observe cette peinture de Giorgio MORANDI &#8211; et pas seulement celle-ci -, plus s\u2019impose le sentiment qu\u2019elle a une histoire, un pass\u00e9, une g\u00e9n\u00e9alogie. C\u2019est-\u00e0-dire une universalit\u00e9 concentr\u00e9e en une suite de formes d\u2019apparence aust\u00e8re et presque anodine.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>La confirmation de ce pressentiment, <span class=\"il\">nous<\/span> pouvons la trouver au Palazzo d\u2019Accurso, \u00e0 Bologne, qui abrite le mus\u00e9e consacr\u00e9 \u00e0 Giorgio MORANDI, o\u00f9 cette peinture est conserv\u00e9e, car, outres ses oeuvres, on peut y voir aussi une partie de la collection de peintures et de dessins qu\u2019il avait r\u00e9unie. Quelques noms y stimulent la r\u00e9flexion : Poussin, Corot, Seurat, Pissarro, Bonnard, Rembrandt, Tiepolo, Ingres, Renoir, Pietro Longhi, Jacopo da Bassano, et, plus inattendu, le Douanier Rousseau. Mais aussi des miniatures, notamment de l\u2019\u00e9cole bolonaise, ainsi que, en petit nombre mais de la meilleure qualit\u00e9, des vases grecs, dont certains venant des Cyclades. un int\u00e9r\u00eat prononc\u00e9 de Giorgio MORANDI pour l\u2019art ancien que confirment ses amiti\u00e9s.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>En effet, cet artiste au caract\u00e8re r\u00e9serv\u00e9 et dont l\u2019art fut d\u00e9fini comme \u00ab&nbsp;difficile et secret&nbsp;\u00bb ne vivait pas dans une sorte de solitude sauvage, mais fr\u00e9quentait des hommes tels que Roberto Longhi &#8211; qui provoqua un vif \u00e9moi en le d\u00e9clarant digne de figurer au rang des maitres anciens -, Cesare Brandi ou Cesare Gnudi, qui ont magistralement renouvel\u00e9 l\u2019histoire de l\u2019art en Italie. Une telle affinit\u00e9 d\u2019ordre historique et esth\u00e9tique incite \u00e0 accorder une plus grande attention au fait que cette huile n\u2019est pas ex\u00e9cut\u00e9e sur toile mais sur un panneau de bois : pourquoi, en effet, le recours \u00e0 cette technique archa\u00efque, depuis 5 si\u00e8cles abandonn\u00e9e par les artistes, sinon parce qu\u2019elle \u00e9tait partie int\u00e9grante de sa d\u00e9marche ?<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>C\u2019est alors que <span class=\"il\">nous<\/span> viendra peut-\u00eatre l\u2019\u00e9trange sensation que derri\u00e8re ces humbles objets se dessinent des silhouettes famili\u00e8res. Par exemple celles d\u2019\u00ab&nbsp;Adam et Eve chass\u00e9s du Paradis terrestre&nbsp;\u00bb de Masaccio, \u00e0 la chapelle Brancacci, \u00e0 Florence \u2026<\/div>\n<div>Que voyons-<span class=\"il\">nous<\/span> sur cette fresque, que <span class=\"il\">nous<\/span> retrouvons dans cette nature morte ?&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Une lumi\u00e8re calme, qui n\u2019\u00e9claire pas tant les personnages qu\u2019elle ne tourne autour d\u2019eux et dessine ainsi une forme. Mais aussi des corps s\u00e9par\u00e9s par des vides, formant une scansion de volumes et de couleurs en tous points comparable \u00e0 celle qui <span class=\"il\">nous<\/span> avait frapp\u00e9s devant cette nature morte. Un peu comme si Giorgio MORANDI avait repris une le\u00e7on en en isolant le noyau d\u00e9cisif pour revenir, par le recours \u00e0 d\u2019autres formes, \u00e0 la question initiale de la repr\u00e9sentation.&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>De m\u00eame , on peut aussi trouver une clef de l\u2019\u00e9nigme Giorgio MORANDI chez Giotto &#8211; mais on pourrait aussi citer Paolo Uccello -, avec cette fa\u00e7on de recourir \u00e0 des formes massives, de d\u00e9limiter tout ce qui n\u2019est pas indispensable dans celles-ci, de bannir tout d\u00e9tail d\u2019ordre d\u00e9coratif et toute perspective superf\u00e9tatoire, et de les inscrire dans l\u2019espace avec une m\u00eame simplicit\u00e9, qui est l\u2019\u00e9vidence d\u2019une logique esth\u00e9tique dont le socle est le statisme : pour que la forme vibre, elle doit \u00eatre fermement arrim\u00e9e.<\/div>\n<div>D\u00e9marche qui explique le recours \u00e0 la figuration en une \u00e9poque qui lui tournait le dos. Non certes par nostalgie ou par esprit conservateur, mais pour s\u2019en tenir \u00e0 l\u2019essentiel.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Car cela est aussi la part secr\u00e8te de Giorgio MORANDI : la volont\u00e9 de la repr\u00e9sentation n\u2019est pas l\u2019expression d\u2019un refus, mais de reprendre son travail de peintre l\u00e0 o\u00f9 d\u2019autres l\u2019avaient men\u00e9 : fixer une forme la plus conventionnelle qui soit en l\u2019observant et en la transcrivant, jusqu\u2019\u00e0 ce point de concentration extr\u00eame qui fait que, m\u00eame la plus banale, elle se r\u00e9v\u00e8le autre que ce que <span class=\"il\">nous<\/span> pensions qu\u2019elle \u00e9tait.&nbsp;<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Giorgio Morandi (1890-1964), n\u00e9 \u00e0 Bologne, est l&rsquo;ain\u00e9 de cinq enfants.&nbsp; &nbsp; Il passe son enfance dans l&rsquo;ancien Palais Bosisio de Bologne, d\u00e9truit plus tard lors de la seconde Guerre Mondiale. 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