{"id":4335,"date":"2020-05-20T08:11:18","date_gmt":"2020-05-20T07:11:18","guid":{"rendered":"http:\/\/jacnux-server\/?page_id=4335"},"modified":"2020-05-20T13:34:18","modified_gmt":"2020-05-20T12:34:18","slug":"les-ambassadeurs-de-hans-hoblein-le-jeune","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.rers-staubindemedoc.fr\/?page_id=4335","title":{"rendered":"Les Ambassadeurs de Hans HOBLEIN le jeune"},"content":{"rendered":"<div><b>Hans HOBLEIN le Jeune<\/b><\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div><b>Hans HOBLEIN le Jeune<\/b><\/div>\n<div>Peintre et graveur allemand, n\u00e9 \u00e0 Augsbourg en 1497 et d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 Londres le 29 novembre 1543.<\/div>\n<div>Deuxi\u00e8me fils du peintre Hans Holbein l&rsquo;Ancien (vers 1465 &#8211; 1524), il est le fr\u00e8re cadet du peintre Ambrosius Holbein (vers 1493\/94 &#8211; vers 1519), avec lequel il \u00e9tudie dans l&rsquo;atelier paternel.<\/div>\n<div>En 1515, sa famille se fixa \u00e0 B\u00e2le, haut lieu de l&rsquo;humanisme o\u00f9 il se lia avec Erasme.&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>De 1516 \u00e0 1526, travaillant pour la haute bourgeoisie commer\u00e7ante, il r\u00e9alisa des portraits, compositions religieuses, d\u00e9corations murales, cartons de vitraux et des gravures et le mus\u00e9e d&rsquo;art de la ville de B\u00e2le poss\u00e8de ainsi la plus importante collection au monde d&rsquo;oeuvres de la famille Holbein. Dosto\u00efevski, grand admirateur d&rsquo;Holbein, est fort secou\u00e9 lorsqu&rsquo;il voit \u00e0 B\u00e2le ,trois si\u00e8cles plus tard, son tableau Le corps du Christ mort dans la tombe ; selon lui, \u00abce tableau peut faire perdre la foi. \u00bb Le tableau l&rsquo;a tellement troubl\u00e9 qu&rsquo;il en fait une longue description dans L&rsquo;Idiot. Influenc\u00e9 par Matthias Gr\u00fcnewald, son style s&rsquo;ouvrit aux nouvelles conceptions de la Renaissance italienne.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>En 1526, fuyant la R\u00e9forme, il partit pour Londres, recommand\u00e9 par Erasme \u00e0 <span style=\"color: #000000;\"><a href=\"https:\/\/www.jesuismort.com\/tombe\/thomas-more\" target=\"_blank\" data-saferedirecturl=\"https:\/\/www.google.com\/url?q=https:\/\/www.jesuismort.com\/tombe\/thomas-more&amp;source=gmail&amp;ust=1590041196084000&amp;usg=AFQjCNFcN7kDCq2Dv7ghcvKK3ELVMz8ixw\">Thomas More<\/a>. <\/span>Cette \u00e9poque constitua l&rsquo;apog\u00e9e de sa carri\u00e8re. Il ex\u00e9cuta le projet d&rsquo;un arc de triomphe pour l&rsquo;entr\u00e9e d&rsquo;<a href=\"https:\/\/www.jesuismort.com\/tombe\/anne-boleyn\" target=\"_blank\" data-saferedirecturl=\"https:\/\/www.google.com\/url?q=https:\/\/www.jesuismort.com\/tombe\/anne-boleyn&amp;source=gmail&amp;ust=1590041196084000&amp;usg=AFQjCNFYXs1FRzSz76r8g5NSjRBitH_BEw\">Anne Boleyn<\/a> \u00e0 Londres et peignit Les Ambassadeurs en 1533.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>En 1536, nomm\u00e9 peintre-valet de chambre d&rsquo;Henri VIII il devient en peu de temps le portraitiste officiel de la cour d&rsquo;Angleterre. En 1543, en pleine gloire, il mourut de la peste. Portraitiste recherchant derri\u00e8re les apparences les expressions signifiantes des visages, il cherche \u00e0 unir aux traditions gothiques les nouvelles tendances humanistes.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div><b>Les Ambassadeurs<\/b><\/div>\n<div><b>&nbsp;<\/b><\/div>\n<div>&nbsp;<a href=\"http:\/\/rers-staubindemedoc.fr\/?attachment_id=4337#main\" rel=\"attachment wp-att-4337\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-4337 size-full\" src=\"http:\/\/rers-staubindemedoc.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/ambassadeurs.png\" width=\"411\" height=\"406\" srcset=\"https:\/\/www.rers-staubindemedoc.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/ambassadeurs.png 411w, https:\/\/www.rers-staubindemedoc.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/ambassadeurs-300x296.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 411px) 100vw, 411px\" \/><\/a><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div>Huile sur panneau 207 x 209,5 cm &#8211; 1533 &#8211;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Sur la gauche, Jean de Dinteville, bailli de Troyes, \u00e2g\u00e9 de 29 ans, nomm\u00e9 par Fran\u00e7ois 1er ambassadeur de France aupr\u00e8s d\u2019Henri VIII en 1533, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019ann\u00e9e o\u00f9 cette peinture fut ex\u00e9cut\u00e9e. Sur la droite, son ami Georges de Selve, nomm\u00e9 \u00e9v\u00eaque de Lavaur \u00e0 20 ans et qui \u00e0 pr\u00e9sent en a 25, lui aussi diplomate, mais au service du Saint-Si\u00e8ge, qui l\u2019enverra plus tard aupr\u00e8s du gouvernement v\u00e9nitien puis de Charles Quint.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Entre eux, un meuble, dont le haut est recouvert d\u2019un tapis aux formes g\u00e9om\u00e9triques et o\u00f9 l\u2019on voit quelques livres et des instruments destin\u00e9s \u00e0 la mesure du temps et de l\u2019espace, ainsi qu\u2019\u00e0 la musique, avec un luth \u00e0 la corde bris\u00e9e, en allusion \u00e0 la discorde religieuse, comme l\u2019est aussi le recueil d\u2019hymnes, qui a fait directement r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la R\u00e9forme luth\u00e9rienne.<\/div>\n<div>En bas, au premier plan, une forme \u00e9nigmatique, plate et gris\u00e2tre, qui, lorsqu\u2019on se d\u00e9place, se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre un cr\u00e2ne trait\u00e9 en anamorphose, c\u2019est-\u00e0-dire une repr\u00e9sentation volontairement d\u00e9form\u00e9e dont le spectateur ne peut d\u00e9couvrir le v\u00e9ritable sujet qu\u2019en la regardant sous un angle d\u00e9termin\u00e9 ou, ainsi que le pr\u00e9cise Littr\u00e9, \u00ab&nbsp;par r\u00e9flexion dans un miroir cylindrique ou conique&nbsp;\u00bb.<\/div>\n<div>Pourquoi Holbein, fils et fr\u00e8re de peintres et de graveurs, qui se plait \u00e0 repr\u00e9senter la r\u00e9alit\u00e9 avec la pr\u00e9cision m\u00e9ticuleuse de l\u2019artiste \u00e9minemment allemand qu\u2019il demeurera apr\u00e8s son installation en Angleterre en 1526, a-t-il ins\u00e9r\u00e9 cet \u00e9l\u00e9ment incongru dans sa composition ?&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Ce grand panneau presque carr\u00e9 \u00e9tait destin\u00e9 \u00e0 orner le salon d\u2019honneur du ch\u00e2teau de Polisy, en Champagne, alors en pleine reconstruction, avec notamment la participation du Primatice pour sa d\u00e9coration.<\/div>\n<div>D\u00e9truit en 1992 par un incendie, il ne reste de la fastueuse r\u00e9sidence des Dinteville, outre cette oeuvre, qu\u2019un \u00ab&nbsp;Moise et Aaron devant Pharaon&nbsp;\u00bb peint en 1537 par un ma\u00eetre flamand non identifi\u00e9 (New York, MMA) o\u00f9 l\u2019on voit le jeune diplomate en compagnie de ses trois fr\u00e8res, et un riche pavement de fa\u00efence, probablement dessin\u00e9 par S\u00e9bastien Serlio, \u00e0 pr\u00e9sent conserv\u00e9 au ch\u00e2teau d\u2019Ecouen.&nbsp;<\/div>\n<div>Cette vaste salle disposait de deux portes d\u2019entr\u00e9e : l\u2019une, par laquelle on voyait l\u2019oeuvre de face, et une autre, lat\u00e9rale, d\u2019o\u00f9 l\u2019on en avait une vue en oblique, qui r\u00e9v\u00e9lait le sujet de l\u2019anamorphose.&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>D\u2019o\u00f9 une premi\u00e8re le\u00e7on, presque d\u2019ordre moral : une image peinte n\u2019est que pure apparence et ne vaut que par l\u2019effet qu\u2019elle produit. Il ne suffit pas de l\u2019accrocher pour l\u2019exposer aux regards qui se retrouveront en elle, il faut encore organiser cette r\u00e9ception.&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Assur\u00e9ment, comme l\u2019\u00e9crivit Jurgis Baltrusaitis, \u00ab&nbsp;Le Myst\u00e8re des Ambassadeurs est une pi\u00e8ce en deux actes&nbsp;\u00bb. Information certes int\u00e9ressante, mais qui ne <span class=\"il\">nous<\/span> dit toujours pas pourquoi Holbein a ins\u00e9r\u00e9 cette anamorphose d\u2019un cr\u00e2ne \u00e9norme, ni son rapport avec les diff\u00e9rents objets dispos\u00e9s sur le meuble. Ce qui <span class=\"il\">nous<\/span> incite \u00e0 penser que <span class=\"il\">nous<\/span> sommes pris dans la m\u00e9canique implacable d\u2019une composition dont les gardiens, montr\u00e9s grandeur nature, sont un homme de cour et un homme d\u2019\u00e9glise, et la clef une image \u00e0 la fois fixe et changeante, que <span class=\"il\">nous<\/span> voyons et en m\u00eame temps ne voyons pas.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Avec, sur le fond, un grand rideau de damas vert, dont, tel celui d\u2019un th\u00e9\u00e2tre, <span class=\"il\">nous<\/span> ignorons sur quel spectacle il va s\u2019ouvrir.&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Les Deux hommes ont en commun d\u2019\u00eatre diplomates : leur mission est de repr\u00e9senter : comme celle du peintre, qui lui non plus, ne s\u2019en tient pas aux apparences, car son r\u00f4le est de <span class=\"il\">nous<\/span> rendre compte d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 en l\u2019interpr\u00e9tant.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Revenons \u00e0 ce cr\u00e2ne, en faisant un d\u00e9tour par les objets dispos\u00e9s sur le meuble : des instruments de musique et de sciences. C\u2019est \u00e0 dire &#8211; <span class=\"il\">nous<\/span> faisons un pas dans la bonne direction &#8211; les instruments de la vanit\u00e9 des connaissances humaines, comme des plaisirs.&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Vanit\u00e9 d\u2019arpenter le monde pour le conna\u00eetre, que <span class=\"il\">nous<\/span> rappelle le globe terrestre : vanit\u00e9 de mesurer les cieux, que <span class=\"il\">nous<\/span> dit le globe c\u00e9leste : vanit\u00e9 des raffinements de la musique, que <span class=\"il\">nous<\/span> exposent les fl\u00fbtes et le luth \u00e0 la corde bris\u00e9e.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Le myst\u00e8re de ce cr\u00e2ne qui surgit comme un coup de th\u00e9\u00e2tre et <span class=\"il\">nous<\/span> saute aux yeux se d\u00e9voile peu \u00e0 peu. Il suffit de se d\u00e9placer devant le tableau pour le comprendre, ou, plus pr\u00e9cis\u00e9ment, le saisir physiquement : lorsque notre changement de position r\u00e9v\u00e8le le secret de l\u2019anamorphose, l\u2019image de ces deux diplomates s\u2018\u00e9loigne peu \u00e0 peu, se brouille et enfin s\u2019abolit en une forme aussi confuse et incompr\u00e9hensible que l\u2019\u00e9tait celle du cr\u00e2ne au premier regard.&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Holbein vient donc de <span class=\"il\">nous<\/span> dire que <span class=\"il\">nous<\/span> ne pouvons pas voir simultan\u00e9ment deux v\u00e9rit\u00e9s, deux r\u00e9alit\u00e9s, deux repr\u00e9sentations. pour <span class=\"il\">nous<\/span> le d\u00e9montrer il <span class=\"il\">nous<\/span> a tendu un pi\u00e8ge, tout en <span class=\"il\">nous<\/span> aidant \u00e0 d\u00e9chiffrer l\u2019anamorphose : sur les rayons du meuble, que voyons-<span class=\"il\">nous<\/span>, sinon une nature morte ?<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Surgissant du domaine de l\u2019illusion qu\u2019est un tableau, le cr\u00e2ne <span class=\"il\">nous<\/span> expose, en ricanant, la v\u00e9rit\u00e9 de toute peinture, de toute repr\u00e9sentation : l\u2019entr\u00e9e en sc\u00e8ne de la mort lorsque s\u2019\u00e9carteront les pans du grand rideau de damas vert.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Si <span class=\"il\">nous<\/span> en doutons, regardons le pavement de marbre : c\u2019est celui de l\u2019abbaye de Westminster, l\u00e0 o\u00f9 les roi sont couronn\u00e9s et les puissants inhum\u00e9s.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Il y a fort \u00e0 parier que si ce rideau s\u2019\u00e9cartait, ce serait sur un autel : car, tout occup\u00e9s \u00e0 d\u00e9crypter l\u2019anamorphose <span class=\"il\">nous<\/span> n\u2019avions pas remarqu\u00e9, sur la gauche, en haut, dans un mince entreb\u00e2illement de ce rideau, un crucifix \u2026.<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Hans HOBLEIN le Jeune &nbsp; &nbsp; Hans HOBLEIN le Jeune Peintre et graveur allemand, n\u00e9 \u00e0 Augsbourg en 1497 et d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 Londres le 29 novembre 1543. 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