{"id":4340,"date":"2020-05-20T08:14:41","date_gmt":"2020-05-20T07:14:41","guid":{"rendered":"http:\/\/jacnux-server\/?page_id=4340"},"modified":"2020-05-20T14:33:24","modified_gmt":"2020-05-20T13:33:24","slug":"portrait-dune-vieille-femme-de-quentin-massys-ou-metsys","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.rers-staubindemedoc.fr\/?page_id=4340","title":{"rendered":"Portrait d\u2019une vieille femme de Quentin MASSYS ou METSYS"},"content":{"rendered":"<div><b>Quentin MASSYS<\/b><\/div>\n<div><b>1466-1530&nbsp;<\/b><\/div>\n<div>Quentin Metsys (ou Quinten, Kwinten, Matsijs, Massys) est le dernier grand peintre rattach\u00e9 aux \u00ab primitifs flamands \u00bb. Il est n\u00e9 \u00e0 Louvain (Belgique) en 1466 dans une famille de ferronniers ou de forgerons. Dans son <i>Livre des peintres<\/i> (1604), Karel Van Mander signale que Quentin Metsys exerce le m\u00e9tier de forgeron jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de vingt ans. Mais c&rsquo;est son fr\u00e8re Josse qui, finalement, reprend le m\u00e9tier paternel. Van Mander raconte que Quentin eut une grave maladie \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de vingt ans et qu&rsquo;il fut dans l&rsquo;incapacit\u00e9 de poursuivre le rude travail de la forge. Il s&rsquo;essaya donc au dessin.<\/div>\n<div>\u00ab &#8230; les confr\u00e8res qui soignent les malades, les Lazaristes, allaient de par la ville, portant une grande torche de bois sculpt\u00e9e et peinte, distribuant aux enfants des images de saints grav\u00e9es et colori\u00e9es ; il leur en fallait donc un grand nombre.<\/div>\n<div>Il se trouva que l&rsquo;un des confr\u00e8res, allant voir Quentin, lui conseilla de colorier de ces images, et il en r\u00e9sulta que celui-ci s&rsquo;essaya au travail. Par ce d\u00e9but infime, ses dispositions se manifest\u00e8rent, et, \u00e0 dater de ce temps, il se mit \u00e0 la peinture avec une vive ardeur. En peu de temps il fit des progr\u00e8s extraordinaires et devint un ma\u00eetre accompli. \u00bb (Karel Van Mander, <i>Le livre des peintres<\/i>)<\/div>\n<div>&nbsp;On sait peu de choses de la formation de Metsys. Le contexte culturel est porteur puisque Louvain est d\u00e9j\u00e0 \u00e0 cette \u00e9poque une ville universitaire. Les grands novateurs flamands y sont connus (<a href=\"https:\/\/www.rivagedeboheme.fr\/pages\/arts\/la-peinture-aux-15-16e-siecles\/jan-van-eyck-v-1390-1441.html\" target=\"_blank\" data-saferedirecturl=\"https:\/\/www.google.com\/url?q=https:\/\/www.rivagedeboheme.fr\/pages\/arts\/la-peinture-aux-15-16e-siecles\/jan-van-eyck-v-1390-1441.html&amp;source=gmail&amp;ust=1590041196096000&amp;usg=AFQjCNGfcauuHbjws-R6WPu6Cfem6HFjKw\">Van <span style=\"color: #000000;\">Eyck<\/span><\/a>, <a href=\"http:\/\/rivagedeboheme.e-monsite.com\/pages\/arts\/la-peinture-aux-15-16e-siecles\/rogier-van-der-weyden-1399-1464-1.html\" target=\"_blank\" data-saferedirecturl=\"https:\/\/www.google.com\/url?q=http:\/\/rivagedeboheme.e-monsite.com\/pages\/arts\/la-peinture-aux-15-16e-siecles\/rogier-van-der-weyden-1399-1464-1.html&amp;source=gmail&amp;ust=1590041196096000&amp;usg=AFQjCNG1seaWATteGGsrj9UOIjntrzDZlg\">Van der Weyden<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.rivagedeboheme.fr\/pages\/arts\/la-peinture-aux-15-16e-siecles\/hugo-van-der-goes-v-1440-1482.html\" target=\"_blank\" data-saferedirecturl=\"https:\/\/www.google.com\/url?q=https:\/\/www.rivagedeboheme.fr\/pages\/arts\/la-peinture-aux-15-16e-siecles\/hugo-van-der-goes-v-1440-1482.html&amp;source=gmail&amp;ust=1590041196096000&amp;usg=AFQjCNHpSG9JN-sBE459v0XdDPYCGhcQVg\">Van der Goes<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.rivagedeboheme.fr\/pages\/arts\/la-peinture-aux-15-16e-siecles\/hans-memling-1435-40-1494.html\" target=\"_blank\" data-saferedirecturl=\"https:\/\/www.google.com\/url?q=https:\/\/www.rivagedeboheme.fr\/pages\/arts\/la-peinture-aux-15-16e-siecles\/hans-memling-1435-40-1494.html&amp;source=gmail&amp;ust=1590041196096000&amp;usg=AFQjCNFUsF07mSEWp5wDa0I7JJ89rkx56Q\">Memling<\/a>) de m\u00eame que les peintres de la premi\u00e8re Renaissance italienne. Les sp\u00e9cialistes consid\u00e8rent que Dirk Bouts (v. 1445-1475), peintre officiel de la ville de Louvain, fut le ma\u00eetre de Metsys.<\/div>\n<div>En 1491, Metsys s&rsquo;installe \u00e0 Anvers et devient membre de la guilde des peintres de la ville. Vers 1492, il \u00e9pouse Alyt van Tuylt qui lui donne trois enfants. Celle-ci d\u00e9c\u00e8de en 1507 et Metsys se remarie avec Catherina Heyns avec laquelle il a dix enfants dont deux deviendront peintres : Jan (1509-1575) et Cornelis (1510-1556).<\/div>\n<div>Metsys conna\u00eetra le succ\u00e8s dans la prosp\u00e8re ville d&rsquo;Anvers o\u00f9 il mourra en 1530. Contrairement \u00e0 beaucoup de peintres de cette \u00e9poque, qui furent ensuite oubli\u00e9s, l&rsquo;aura de Metsys ne se ternit jamais et il reste consid\u00e9r\u00e9 comme un grand artiste au 17e si\u00e8cle en pleine \u00e9poque baroque.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div><b>Portrait d\u2019une vieille Femme<\/b><\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div><a href=\"http:\/\/rers-staubindemedoc.fr\/?attachment_id=4342\" rel=\"attachment wp-att-4342\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-4342 size-full\" src=\"http:\/\/rers-staubindemedoc.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/femme.png\" width=\"281\" height=\"370\" srcset=\"https:\/\/www.rers-staubindemedoc.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/femme.png 281w, https:\/\/www.rers-staubindemedoc.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/femme-228x300.png 228w\" sizes=\"auto, (max-width: 281px) 100vw, 281px\" \/><\/a><\/div>\n<div>Huile sur panneau 64,2 x 45,4 cm<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Une physionomie aussi particuli\u00e8re ne pouvait susciter le d\u00e9sir d\u2019\u00e9lucider l\u2019identit\u00e9 de cette femme. Plusieurs noms furent avanc\u00e9s, dont celui de Margarete Maultasch (1318-1369), qui, s\u00e9par\u00e9e de son premier \u00e9poux Jean Henri de luxembourg, s\u2019\u00e9tait remari\u00e9e avec Louis 1er, margrave de Brandebourg, au terme de mille et une p\u00e9rip\u00e9ties ayant abouti \u00e0 l\u2019excommunication du couple par Cl\u00e9ment VI. Une histoire compliqu\u00e9e dans une \u00e9poque agit\u00e9e, qui valut \u00e0 Margarete le surnom de \u00ab&nbsp;bouche-sac&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire \u00ab&nbsp;prostitu\u00e9e&nbsp;\u00bb en dialecte bavarois. Dans ces circonstances, on comprend la tentation de reconnaitre cette femme de caract\u00e8re dans cette physionomie encombrante. Le probl\u00e8me est que d\u2019autres portraits de Margarete sont connus, o\u00f9 elle apparait des plus avenantes \u2026 Ainsi, celle que l\u2019on a surnomm\u00e9e \u00ab&nbsp;l\u2019horrible duchesse&nbsp;\u00bb,&nbsp; qui inspira \u00e0 Lewis Carroll le personnage de la reine dans \u00ab&nbsp;Alice au pays des merveilles&nbsp;\u00bb, risque-t-elle de demeurer longtemps une inconnue c\u00e9l\u00e8bre.&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Cette premi\u00e8re \u00e9nigme, qui n\u2019a gu\u00e8re de chances d\u2019\u00eatre r\u00e9solue, laisse donc place \u00e0 une seconde, non moins excitante : pourquoi repr\u00e9senter la laideur ?<\/div>\n<div>D\u2019autant que cela est fait ici avec beaucoup de gr\u00e2ce et que Massys y manifeste une virtuosit\u00e9 technique remarquable. En d\u2019autres termes, la beaut\u00e9 prend naissance l\u00e0 o\u00f9 on l\u2019attendait le moins : l\u2019horreur s\u2019est m\u00e9tamorphos\u00e9e. &nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Mais un autre \u00e9l\u00e9ment est tout aussi troublant : un dessin dans lequel on retrouve cette femme, d\u00fb \u00e0 un artiste appartenant \u00e0 l\u2019entourage de L\u00e9onard de Vinci (the New York Library)) dont Massy eut certainement connaissance par une gravure.&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Ainsi cette \u00ab&nbsp;horrible duchesse&nbsp;\u00bb sans \u00e9tat civil poss\u00e8de-t-elle une g\u00e9n\u00e9alogie inattendue \u00e0 laquelle vient s\u2019ajouter un homme tout aussi myst\u00e9rieux, du m\u00eame \u00e2ge mais d\u2019aspect plus banal, dont Massy a peint le profil.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>C\u2019est alors que l\u2019on remarque un d\u00e9tail pass\u00e9 inaper\u00e7u tant on avait \u00e9t\u00e9 saisi d\u2019effroi devant cette matrone exhibant d\u2019antiques mamelles qui gagneraient \u00e0 \u00eatre cach\u00e9es, \u00e0 la coiffe extravagante et portant diad\u00e8me : entre ses doigts, un bouton de rose dont la simple \u00e9vocation des connotations sexuelles fait fr\u00e9mir !<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Ainsi notre tentative pour donner un nom \u00e0 cette femme aurait-elle \u00e9t\u00e9 inutile pour la simple raison qu\u2019elle n\u2019a probablement jamais exist\u00e9.&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>En r\u00e9alit\u00e9, Massys a peint une fable morale inspir\u00e9e d\u2019un passage de \u00ab&nbsp;l\u2019\u00e9loge de la folie&nbsp;\u00bb, de son contemporain Erasme :<\/div>\n<div>\u00ab&nbsp;Ces femmes d\u00e9cr\u00e9pites, ces cadavres ambulants, le coeur plein de d\u00e9sirs lubriques, elles ne songent qu\u2019aux moyens d\u2019assouvir la fureur ut\u00e9rine qui les poss\u00e8de encore.&nbsp;\u00bb<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quentin MASSYS 1466-1530&nbsp; Quentin Metsys (ou Quinten, Kwinten, Matsijs, Massys) est le dernier grand peintre rattach\u00e9 aux \u00ab primitifs flamands \u00bb. 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