{"id":4345,"date":"2020-05-20T08:19:36","date_gmt":"2020-05-20T07:19:36","guid":{"rendered":"http:\/\/jacnux-server\/?page_id=4345"},"modified":"2020-05-20T13:28:55","modified_gmt":"2020-05-20T12:28:55","slug":"lannonciation-de-piero-della-francesca","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.rers-staubindemedoc.fr\/?page_id=4345","title":{"rendered":"L\u2019Annonciation de Piero Della Francesca"},"content":{"rendered":"<div><b>Piero Della FRANCESCA<\/b><\/div>\n<div>Naissance: 1412 &nbsp;&#8211;&nbsp;D\u00e9c\u00e8s: 12 octobre 1492&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Piero della Francesca \u00e9tait un artiste de la premi\u00e8re Renaissance, connu de ses contemporains comme math\u00e9maticien et artiste&nbsp;expert de perspective. Ses peintures sont caract\u00e9ris\u00e9es par une vision sereine emprunt\u00e9e&nbsp;\u00e0 l&rsquo;Humanisme, et par un esprit g\u00e9om\u00e9trique dans la d\u00e9finition des formes, due \u00e0 la perspective et au raccourci.&nbsp;Son influence est bien manifeste dans l&rsquo;art&nbsp;de Cosimo Tura (1430 \u2013 1495), de Pietro Perugino (1446 \u2013 1524)&nbsp;et de&nbsp;Luca Signorelli (1445 \u2013 1523).<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Il est n\u00e9 et mort \u00e0&nbsp;Borgo Sansepolcro, en Toscane et il pourrait avoir appris les premiers rudiments de la peinture de&nbsp;quelque artiste siennois actif&nbsp;\u00e0 Borgo San Sepolcro pendant sa jeunesse.&nbsp;<\/div>\n<div>Il se rend \u00e0 Florence, o\u00f9 il est apprenti dans l&rsquo;atelier de&nbsp;Domenico Veneziano (1410 \u2013 1461) et il collabore avec son ma\u00eetre aux fresques de l&rsquo;\u00e9glise Sant&rsquo; Egidio dans l&rsquo;h\u00f4pital Santa Maria Nuova. \u00c0 Florence, il a l&rsquo;opportunit\u00e9 de voir les \u0153uvres de grands artistes de l&rsquo;\u00e9poque,&nbsp;et peut-\u00eatre de rencontrer quelques un des p\u00e8res fondateurs de&nbsp;la premi\u00e8re Renaissance, Fra Angelico&nbsp;(1395 \u2013 1455),&nbsp;Brunelleschi (1377 \u2013 1446), Leon Battista Alberti (1404-1472), Donatello (1386-1466)&#8230;&nbsp;<\/div>\n<div>En 1442, il revient \u00e0&nbsp;Sansepolcro o\u00f9 on lui commande de peindre un retable pour l&rsquo;\u00e9glise de la&nbsp;confr\u00e9rie de la Misericordia, qu&rsquo;il ach\u00e8ve seulement dix-sept ans&nbsp;plus tard.&nbsp;En 1449 il ex\u00e9cute plusieurs fresques dans le Castello Estense et dans l&rsquo;\u00e9glise&nbsp;Sant&rsquo;Andrea \u00e0 Ferrare; ces peintures ne sont pas arriv\u00e9es jusqu&rsquo;\u00e0 <span class=\"il\">nous<\/span>.<\/div>\n<div>Deux ans plus tard, on le trouve \u00e0 Rimini, o\u00f9 il travaille pour \u00ab\u00a0le loup de Rimini\u00a0\u00bb, Sigismondo Pandolfo Malatesta, le seigneur&nbsp;de la ville et grand m\u00e9c\u00e8ne. Pendant ce s\u00e9jour, l&rsquo;artiste toscan peint la c\u00e9l\u00e8bre fresque qui repr\u00e9sente Sigismond Malatesta priant saint Sigismond dans le Temple Malatesta et un portrait du c\u00e9l\u00e8bre condottiere. \u00c0 cette \u00e9poque l\u00e0, \u00e0 Rimini, il y avait aussi le math\u00e9maticien et architecte Leon Battista Alberti. En 1452, Piero fut demand\u00e9 \u00e0 Arezzo pour remplacer&nbsp;Bicci di Lorenzo dans la d\u00e9coration de la chapelle majeure dans la basilique Saint-Fran\u00e7ois, dans cette ville toscane, Piero della Francesca ex\u00e9cuta&nbsp;son v\u00e9ritable chef-d&rsquo;\u0153uvre et&nbsp;un des cycles de fresques les plus importants de l&rsquo;art de la Renaissance, La L\u00e9gende de la Vraie Croix.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>\u00c0 la fin des ann\u00e9es cinquante, il est demand\u00e9 \u00e0 Rome,&nbsp;au Vatican, pour la r\u00e9alisation de peintures qui ont disparu. De cette p\u00e9riode est la Flagellation du Christ, une des \u0153uvres les plus myst\u00e9rieuses de la premi\u00e8re Renaissance. \u00c0 signaler aussi La Madonna del Parto (accouchement), peinte vers 1455 \u00e0 Monterchi, et Le Bapt\u00eame du Christ vers 1450.&nbsp;Vers la fin des ann\u00e9es soixante, il se rend \u00e0 Urbino, \u00e0 la cour de Federico da Montefeltro o\u00f9 il rencontre Melozzo da Forl\u00ec (1438 \u2013 1494) et le&nbsp;math\u00e9maticien Luca Pacioli (1445 \u2013 1514). Parmi les peintures de son s\u00e9jour aupr\u00e8s du duc d&rsquo;Urbino, on mentionne&nbsp;le tr\u00e8s c\u00e9l\u00e8bre double portrait de Federico da Montefeltro et sa femme Battista Sforza, expos\u00e9 aux Offices, o\u00f9 la&nbsp;figuration de deux personnages en profil&nbsp;s&rsquo;inspire des m\u00e9dailles classiques.&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div><a href=\"http:\/\/rers-staubindemedoc.fr\/?attachment_id=4347\" rel=\"attachment wp-att-4347\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-4347 size-full\" src=\"http:\/\/rers-staubindemedoc.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/annonciation.png\" width=\"482\" height=\"379\" srcset=\"https:\/\/www.rers-staubindemedoc.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/annonciation.png 482w, https:\/\/www.rers-staubindemedoc.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/annonciation-300x236.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 482px) 100vw, 482px\" \/><\/a><\/div>\n<div class=\"adn ads\" data-message-id=\"#msg-f:1662793861137889818\" data-legacy-message-id=\"17136e34f3d2fa1a\">\n<div class=\"gs\">\n<div class=\"\">\n<div id=\":166\" class=\"ii gt\">\n<div id=\":2pn\" class=\"a3s aXjCH \">\n<div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div><b>L\u2019Annonciation&nbsp;<\/b><\/div>\n<div>D\u00e9trempe sur panneau 122 x 144<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Les peintres de la Renaissance ont vu dans une affaire de g\u00e9om\u00e9trie de l\u2019espace, voire de math\u00e9matique, la possibilit\u00e9 d\u2019une r\u00e9ponse \u00e0 une question d\u2019ordre spirituel et th\u00e9ologique.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Dans ce tableau l\u2019artiste donne une magistrale le\u00e7on de maitrise des r\u00e8gles de la perspective, au point, par exemple, qu\u2019en ne repr\u00e9sentant qu\u2019une partie d\u2019un cloitre il <span class=\"il\">nous<\/span> donne l\u2019impression que <span class=\"il\">nous<\/span> le voyons dans son ensemble. Si bien que le spectateur n\u2019a pas d\u2019embl\u00e9e conscience que la repr\u00e9sentation de Marie et de l\u2018Archange correspondant apparemment \u00e0 un mod\u00e8le strictement classique, pr\u00e9sente en fait quelques \u00e9tranget\u00e9s.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>A y regarder de plus pr\u00e8s, que remarquons-<span class=\"il\">nous<\/span> ?<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>D\u2018abord que, contrairement \u00e0 notre premi\u00e8re impression, l\u2019architecture, qui se d\u00e9ploie par rapport \u00e0 la colonnade centrale est en r\u00e9alit\u00e9 asym\u00e9trique ; ensuite que Marie est plac\u00e9e dans une sorte d\u2019\u00e9dicule, peut-\u00eatre une loggia, s\u2019avan\u00e7ant au premier plan, si bien que Gabriel ne peut la voir car elle est cach\u00e9e par les colonnes : Gabriel est \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur tandis que Marie est dans un lieu sinon clos, tout au moins d\u00e9limit\u00e9.<\/div>\n<div>Pourtant, sans en douter un seul instant, <span class=\"il\">nous<\/span> le voyons la voir : notre oeil a \u00ab&nbsp;rectifi\u00e9&nbsp;\u00bb l\u2019image. D\u2019o\u00f9 une premi\u00e8re le\u00e7on quant aux effets de la perspective : elle cr\u00e9e deux images, celle qui est peinte et celle que notre intelligence \u00e9labore.<\/div>\n<div>En outre, ne pouvant s\u2019agir simplement pour Piero Della Francesca de <span class=\"il\">nous<\/span> \u00e9tourdir par sa virtuosit\u00e9, un message \u00ab&nbsp;non repr\u00e9sent\u00e9&nbsp;\u00bb se cache assur\u00e9ment entre ces deux images. Ce dont <span class=\"il\">nous<\/span> aurons la certitude en notant que les deux protagonistes sont s\u00e9par\u00e9s par des colonnes ; hors la colonne constitue une image symbolique du Christ. De la sorte, ce qui est \u00e0 venir &#8211; et ne peut donc \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9 &#8211; est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0, c\u2019est \u00e0 dire l\u2019image d\u2019un Christ non repr\u00e9sent\u00e9&nbsp; qui se renouvellera sur la plaque de marbre qui cl\u00f4t la perspective centrale, laquelle est en r\u00e9alit\u00e9 le sujet v\u00e9ritable de l\u2019oeuvre, champ encore vierge, pr\u00eat \u00e0 accueillir l\u2019image \u00ab&nbsp;en puissance&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Ainsi une perspective peut-elle se d\u00e9velopper sans recourir \u00e0 un proc\u00e9d\u00e9 technique tel que l\u2019anamorphose, mais par l\u2019analyse, qui l\u2019\u00e9largit en incluant l\u2019invisible : l\u2019image ne s\u2019est pas modifi\u00e9e parce que <span class=\"il\">nous<\/span> <span class=\"il\">nous<\/span> d\u00e9placions, mais sous l\u2019effet d\u2019un processus mental.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>L\u2019artiste avait \u00e0 r\u00e9soudre la question de la repr\u00e9sentation de Dieu, qui, \u00e9tant incommensurable \u00e0 toute mesure, ne peut \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9.<\/div>\n<div>C\u2019est donc dans la g\u00e9om\u00e9trie, qui offre la voie la plus s\u00fbre vers une appr\u00e9hension de l\u2019infini, qu\u2019il a recherch\u00e9 une possibilit\u00e9 de surmonter cette impossibilit\u00e9. En effet, si voir \u00e9quivaut \u00e0 comprendre, la g\u00e9om\u00e9trie <span class=\"il\">nous<\/span> hisse \u00e0 un autre niveau o\u00f9 voir \u00e9quivaut \u00e0 croire ; et donc \u00e0 admettre que, par le jeu math\u00e9matique de la perspective, l\u2019artiste pouvait se hisser au-del\u00e0 des lois rationnelles pour illustrer le sacr\u00e9.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Ce que <span class=\"il\">nous<\/span> dit cette \u00ab&nbsp;Annonciation&nbsp;\u00bb n\u2019est pas montr\u00e9.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Dans un paradoxe apparent, la plus grande logique de la composition, que l\u2019on peut dire d\u2019ordre scientifique &#8211; la mise en oeuvre de la plus extr\u00eame rigueur &#8211; fournit \u00e0 Piero Della Francesca le moyen de repr\u00e9senter ce qui ne peut pas l\u2019\u00eatre : l\u2019intervention divine dans le monde des hommes, c\u2019est-\u00e0-dire la pr\u00e9sence dans le visible de ce qui est incommensurable \u00e0 tout visible, la transcendance.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Par ailleurs la perspective lui a permis de dilater non seulement l\u2019espace, mais aussi le temps : Marie, qui au temps o\u00f9 survint l\u2019archange n\u2019\u00e9tait qu\u2019une anonyme vierge juive, mari\u00e9e \u00e0 un homme nomm\u00e9 Joseph, est montr\u00e9e avec une aur\u00e9ole qui anticipe son destin.<\/div>\n<div>En filigrane de cette image de l\u2019Annonciation qu\u2019elle supporte&nbsp; et organise &#8211; \u00e9v\u00e8nement en r\u00e9alit\u00e9 \u00e9voqu\u00e9 en peu de lignes dans les Saintes Ecritures -, la perspective a permis \u00e0 Piero Della Francesca de cr\u00e9er un monde clos, car achev\u00e9, et en m\u00eame temps de repr\u00e9senter l\u2019infini, c\u2019est \u00e0 dire le myst\u00e8re de l\u2019incarnation de Dieu qui est tout Verbe.<\/div>\n<div class=\"yj6qo\">&nbsp;<\/div>\n<div class=\"adL\">&nbsp;<\/div>\n<div class=\"adL\">&nbsp;<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"hi\">&nbsp;<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"ajx\">&nbsp;<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"gA gt acV\">\n<div class=\"gB xu\">\n<div class=\"ip iq\">\n<div id=\":2pk\">\n<table class=\"cf wS\">\n<tbody>\n<tr>\n<td class=\"amq\"><img decoding=\"async\" id=\":15e_70\" class=\"ajn bofPge\" src=\"https:\/\/ssl.gstatic.com\/ui\/v1\/icons\/mail\/no_photo.png\" name=\":15e\" data-hovercard-id=\"jeanalbert.canal@gmail.com\"><\/td>\n<td class=\"amr\">&nbsp;<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Piero Della FRANCESCA Naissance: 1412 &nbsp;&#8211;&nbsp;D\u00e9c\u00e8s: 12 octobre 1492&nbsp; &nbsp; Piero della Francesca \u00e9tait un artiste de la premi\u00e8re Renaissance, connu de ses contemporains comme math\u00e9maticien et artiste&nbsp;expert de perspective. 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