{"id":4478,"date":"2020-06-23T19:02:50","date_gmt":"2020-06-23T18:02:50","guid":{"rendered":"http:\/\/jacnux-server\/?page_id=4478"},"modified":"2020-06-23T19:13:22","modified_gmt":"2020-06-23T18:13:22","slug":"les-menines-de-diego-rodriguez-de-silva-y-velazquez","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.rers-staubindemedoc.fr\/?page_id=4478","title":{"rendered":"Les M\u00e9nines de Diego Rodr\u00edguez de Silva y Vel\u00e1zquez"},"content":{"rendered":"<div><b>Diego Rodr\u00edguez de Silva y Vel\u00e1zquez<\/b> (S\u00e9ville, baptis\u00e9 le 6 juin 1599 &#8211; Madrid, mort le 6 ao\u00fbt 1660), dit Diego V\u00e9lasquez en fran\u00e7ais, est un peintre du si\u00e8cle d&rsquo;or espagnol ayant eu une influence consid\u00e9rable \u00e0 la cour du roi Philippe IV. Il est g\u00e9n\u00e9ralement consid\u00e9r\u00e9, avec Francisco Goya et Le Greco, comme l&rsquo;un des plus grands artistes de l&rsquo;histoire espagnole.&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Son style, tout en restant tr\u00e8s personnel, s&rsquo;inscrit r\u00e9solument dans le courant baroque de cette p\u00e9riode.&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Ses deux visites effectu\u00e9es en Italie, attest\u00e9es par les documents de l&rsquo;\u00e9poque, eurent un effet d\u00e9cisif sur l&rsquo;\u00e9volution de son \u0153uvre.&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Outre de nombreuses peintures \u00e0 valeur historique ou culturelle, Diego V\u00e9lasquez est l&rsquo;auteur d&rsquo;une profusion de portraits repr\u00e9sentant la famille royale espagnole, d&rsquo;autres grands personnages europ\u00e9ens ou m\u00eame des gens du commun.&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Son talent artistique, de l&rsquo;avis g\u00e9n\u00e9ral, a atteint son sommet en 1656 avec la r\u00e9alisation de Les M\u00e9nines, son principal chef-d&rsquo;\u0153uvre.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>\u00c0 partir du premier quart du XIXe si\u00e8cle, le style de V\u00e9lasquez fut pris pour mod\u00e8le par les peintres r\u00e9alistes et impressionnistes, en particulier \u00c9douard Manet. Depuis, des artistes plus contemporains comme Pablo Picasso et Salvador Dal\u00ed ont rendu hommage \u00e0 leur illustre compatriote en recr\u00e9ant plusieurs de ses \u0153uvres les plus c\u00e9l\u00e8bres.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div><b>Les Menines<\/b><\/div>\n<div>&nbsp;<a href=\"http:\/\/rers-staubindemedoc.fr\/?attachment_id=4481\" rel=\"attachment wp-att-4481\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-4481 size-full\" src=\"http:\/\/rers-staubindemedoc.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Velasquez.png\" width=\"443\" height=\"528\" srcset=\"https:\/\/www.rers-staubindemedoc.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Velasquez.png 443w, https:\/\/www.rers-staubindemedoc.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Velasquez-252x300.png 252w\" sizes=\"auto, (max-width: 443px) 100vw, 443px\" \/><\/a><\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Huile sur toile &#8211; 318 x 276 cm &#8211; 1656 \u00e0 1657<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Depuis longtemps cette toile aux vastes dimensions a \u00e9t\u00e9 l\u2019objet de discussions et d\u2019analyses tant sa composition surprend.&nbsp;<\/div>\n<div>En effet se pr\u00e9sentant comme un portrait du roi Philippe IV et de sa famille, c\u2019est \u00e0 peine si l\u2019on entrevoit dans un miroir, au fond du vaste atelier de l\u2019artiste au palais de l\u2019Alcazar &#8211; avec aux murs une suite de \u00ab&nbsp;M\u00e9tamorphoses d\u2019ovide&nbsp;\u00bb command\u00e9es \u00e0 Rubens &#8211; ce souverain, mont\u00e9 sur le tr\u00f4ne quarante-cinq ans plus t\u00f4t, et Marie Anne d\u2019Autriche. Epous\u00e9e en secondes noces en 1649, alors qu\u2019il se trouvait sans h\u00e9ritier, elle lui donnera cinq enfants, dont l\u2019infante Marguerite Th\u00e9r\u00e8se, \u00e2g\u00e9e de cinq ans et repr\u00e9sent\u00e9e ici grandeur nature, comme les deux nains, le chien, son chaperon en tenue de deuil, un garde du corps et ses deux \u00ab&nbsp;meninas&nbsp;\u00bb, c\u2019est \u00e0 dire ses demoiselles d\u2019honneur.&nbsp;<\/div>\n<div>Une libert\u00e9 d\u2019inspiration dont seul pouvait b\u00e9n\u00e9ficier V\u00e9lasquez, \u00e0 cette \u00e9poque, depuis trente trois ans au service de Philippe IV, qui, \u00e0 en croire la chronique, avait l\u2019habitude de lui rendre de longues visites en son atelier, o\u00f9 il avait son fauteuil.&nbsp;<\/div>\n<div>D\u2019ailleurs lors de la mort du peintre, qui avait enrichi ses collections par ses achats lors de deux longs s\u00e9jours en Italie, le roi, d\u00e9sempar\u00e9 devant la liste des noms qu\u2019on lui sugg\u00e9rait pour le remplacer \u00e9crira : \u00ab&nbsp;je suis bris\u00e9.&nbsp;\u00bb<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Le titre des \u00ab&nbsp;M\u00e9nines&nbsp;\u00bb fut donn\u00e9 pour la premi\u00e8re fois en 1843. Nous devons \u00e9liminer le commentaire disant que dans le reflet un peu flou du miroir, ce n\u2019est pas le couple royal, mais l\u2019image refl\u00e9t\u00e9e de la toile que peint Velasquez : si cela avait \u00e9t\u00e9 le cas, cette image serait l\u00e9g\u00e8rement distordue du fait de la disposition de cette toile, l\u00e9g\u00e8rement en biais. Bref une fausse piste. La question est donc, en nous en tenant strictement aux faits, de d\u00e9finir avec rigueur le lien entre r\u00e9alit\u00e9 et illusion, c\u2019est \u00e0 dire entre celui qui regarde la toile et les personnages repr\u00e9sent\u00e9s : un jeu de regards gouvern\u00e9 par celui de Velasquez.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Se montrant dans l\u2019acte de peindre, il nous observe autant qu\u2019il observe le couple royal ; eux et nous qui nous tenons dans une position sym\u00e9triquement oppos\u00e9e \u00e0 celle de l\u2019homme, au fond, sur les marches d\u2019un escalier entr\u2019aper\u00e7u par une porte o\u00f9 passe la ligne de fuite de la perspective, et qui est le seul personnage repr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 embrasser toute la sc\u00e8ne, mais \u00ab&nbsp;de dos&nbsp;\u00bb, en dehors des souverains, qu\u2019il voit de face. D\u2019une certaine fa\u00e7on, il est notre alter ego : il nous voit tandis que nous le voyons, mais sans que cela s\u2019annule pour autant, car, contrairement \u00e0 lui, nous voyons tous les personnages de face, \u00e0 l\u2019exception du couple royal, aupr\u00e8s duquel nous nous tenons, et dont l\u2019image dans le miroir renvoie vers l\u2019ext\u00e9rieur de la composition. C\u2019est aussi le cas du regard de Velasquez, dont la poitrine est orn\u00e9e de la croix rouge de l\u2019ordre de Santiago et qui porte \u00e0 la ceinture les clefs de maitre des Appartements du palais.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Pour r\u00e9sumer, le tableau repr\u00e9sente donc la sc\u00e8ne telle que vue par le couple royal posant pour Velasquez : sur les neuf personnages, cinq les regardent. Ainsi que l\u2019a soulign\u00e9 Kenneth Clark , \u00ab&nbsp;chaque point focal nous implique dans une nouvelle s\u00e9rie de relations, et, pour peindre un groupe complexe comme celui des M\u00e9nines, le peintre doit concevoir une \u00e9chelle de relations qu\u2019il doit appliquer \u00e0 l\u2019ensemble&nbsp;\u00bb.<\/div>\n<div>Enfin, comme l\u2019a not\u00e9 Michel Foucault, la lumi\u00e8re de la fen\u00eatre sur la droite \u00e9claire \u00e0 la fois l\u2019avant-plan de la sc\u00e8ne repr\u00e9sent\u00e9e et l\u2019endroit non repr\u00e9sent\u00e9 o\u00f9 sont le roi, la reine et nous-m\u00eames. Il conviendrait aussi de pr\u00e9ciser que c\u2019est sur la lisi\u00e8re de cette zone lumineuse que se tient le groupe constitu\u00e9 par l\u2019infante et les autres personnages, y compris Velasquez, qui mourra trois ans apr\u00e8s l\u2019ach\u00e8vement de cette toile et semble d\u00e9j\u00e0 \u00ab&nbsp;\u00e0 l\u2019\u00e9cart&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Premi\u00e8re question : quel est le r\u00f4le du miroir ?&nbsp;<\/div>\n<div>Sans n\u00e9gliger le fait que le tableau de Jan Van Eyck, \u00ab&nbsp;les \u00e9poux Arnolfini&nbsp;\u00bb, \u00e9taient \u00e0 cette \u00e9poque accroch\u00e9 dans les salons du palais royal, o\u00f9 l\u2019on voit ce couple, cette fois de dos, sur une surface convexe.<\/div>\n<div>Pour r\u00e9pondre, il nous faudra admettre que, dans l\u2019atelier, il y avait un second miroir, sans lequel Velasquez n\u2019aurait pu se repr\u00e9senter \u2026&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Second question : pourquoi un tel jeu de perspectives s\u2019entrecroisant, compl\u00e9t\u00e9 par le jeu de deux sources distinctes de lumi\u00e8re, pour un portrait officiel ? En r\u00e9alit\u00e9, cette question \u00e0 propos d\u2019un tableau repr\u00e9sentant un tableau en train d\u2019\u00eatre peint est indissociable de la premi\u00e8re, car c\u2019est celle du pouvoir.<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Diego Rodr\u00edguez de Silva y Vel\u00e1zquez (S\u00e9ville, baptis\u00e9 le 6 juin 1599 &#8211; Madrid, mort le 6 ao\u00fbt 1660), dit Diego V\u00e9lasquez en fran\u00e7ais, est un peintre du si\u00e8cle d&rsquo;or espagnol ayant eu une influence consid\u00e9rable \u00e0 la cour du roi Philippe IV. 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