Mardi 24 mars, salle Diaz présentation de Jac de Trois Photographes ( qui seront quatre cela va de soi) , devant une assistance fournie.
Rolleiflex à la main : Germaine Krull, Lee Miller, Marie-Claude Vogel et Gerda Taro ont photographié les années 30-40.
Lee Miller, passée du mannequinat à la photographie surréaliste puis au reportage de guerre pour Vogue, dont les images du Blitz, de la Libération de Paris et des camps de concentration (Dachau, Buchenwald) déplacent le surréalisme sur le terrain du réel.
Avec Germaine Krull, figure de la Nouvelle Vision, qui transforme ponts, usines et structures métalliques en compositions modernistes, tout en développant un photo-reportage attentif aux ouvriers, aux voyageurs et aux marges sociales.
Avec Marie-Claude Vogel, dite Maïco, la photographie se place au cœur de l’engagement communiste et de la Résistance : issue d’un milieu de presse, elle devient reporter sous la signature Marivo , documente très tôt la réalité des camps nazis, avant d’être elle-même déportée puis témoin après-guerre.
Enfin, Gerda Taro, antifasciste exilée, inventant le duo Capa/Taro, couvre la guerre d’Espagne au plus près du front, et montre la détresse des femmes ,vieillards et enfants : victimes civiles de la guerre. Elle meurt à 26 ans lors de la bataille de Brunete, devenant l’une des premières photojournalistes tuées au combat.
Mettre en regard ces quatre parcours permet de proposer une autre histoire de la modernité photographique : transnationale, marquée par l’exil, la guerre et les luttes antifascistes, où les femmes ne sont plus des exceptions mais des actrices centrales. Elles ont en commun d’avoir eu a s’imposer dans un milieu assez machiste, et d’abandonner la photographie après le fin de la deuxième guerre mondiale, et d’être totalement oubliées . Même si certaines reviennent aujourd’hui sur le devant de la scène, elles méritent que l’on se souvienne de leur engagement et leurs combats.
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Marie-Claude Vogel
Marie Claude Vogel |
Germaine Krull |
Gerda taro |



